Santé environnementale : mieux vaut prévenir que guérir

Comme les autres membres du conseil d’orientation de l’étude de zone sur l’exposition des populations riveraines aux pollutions industrielles, j’ai pris connaissance lors de la réunion du 28 janvier dernier des résultats sur l’état des milieux (air, sol, eaux souterraines).

Les résultats confirment clairement que l’activité industrielle a un impact significatif sur l’environnement local. La revendication d’une telle étude de zone était donc pleinement légitime[1].

Des études complémentaires sont prévues en zone de Brais à Saint-Nazaire autour des émissions de cobalt, et dans les sols de Méan à Saint-Nazaire et Gron à Montoir-de-Bretagne notamment pour des présences de plomb, d’arsenic, de mercure, de cadmium, de nickel et de Chrome VI.

Ces études complémentaires sont indispensables.

Comme je l’ai demandé lors de la réunion, dans l’attente des résultats, le principe de précaution doit s’appliquer et la population doit être informée, sans se limiter aux propriétaires des terrains desquels ont été effectués les prélèvements. Il importe que l’étendu de la pollution des sols soit rapidement précisées.

J’ai également demandé qu’une communication spécifique soit menée auprès des usagers de l’école Lamartine de Saint-Nazaire, qui présente la concentration la plus élevée pour le dioxyde d’azote, trois fois plus qu’au site témoin de Saint-Joachim et proche de la valeur guide de l’OMS à 10 µg/m3

Je regrette que ces demandes n’aient pas été actées par la préfecture ni par la ville de Saint-Nazaire, ni des mesures complémentaires proposées pour les polluants dans l’air des écoles Lamartine, Bert et Vinçon.

Des interrogations subsistent sur l’origine des pollutions détectées, a fortiori du fait du caractère incomplet des données recueillies dans les phases précédentes, du nombre limité de point de relevés, parfois des incertitudes de mesure. Elles s’ajoutent à la difficulté scientifique d’évaluer « l’effet cocktail » d’une exposition à plusieurs polluants cumulés.

Pourtant, lors de la même réunion, Santé Publique France a présenté les premiers résultats d’une étude pilote menée à l’échelle nationale sur un grand nombre de bassins industriels dans le pays dont Saint-Nazaire.

Ces résultats font état d’un sur-risque de plusieurs difficultés de santé dans ces bassins industriels (asthme de l’enfant, morbidité respiratoire, mortalité toute cause etc.).

Très attaché au savoir-faire industriel du bassin nazairien, je suis convaincu que celui-ci ne peut être durable qu’en combinant réussite industrielle, emploi, progrès social et respect de l’environnement et de la santé. Le progrès écologique et social est la clé du progrès économique durable. Saint-Nazaire peut et doit relever ce défi.

Outre les mesures complémentaires immédiates, un véritable plan de surveillance permanent doit être mis en place. Il est indispensable que les travaux menés se poursuivent par la réalisation d’une étude épidémiologique incluant le bassin nazairien et la surmortalité par cancer avec les données du nouveau registre national des cancers enfin créé. Je continuerai de porter cette double exigence.

Enfin, face aux polémiques malvenues, je tiens à saluer l’engagement des associations environnementales et de riverains dont l’intervention éclaire le débat et pousse les pouvoirs publics à agir.


[1] S’il faut souligner que l’engagement financier de l’État à hauteur de 750 000 euros va au-delà des dépenses initialement prévues, n’oublions qu’une telle somme représente par exemple moins de 0,01% du coût de la construction du futur porte-avions.